PARTAGER
PARTAGER

Poème les chercheurs - Patrick Eymard

Les chercheurs.

Les chercheurs sont loin, et ils ont froid.
L’impression d’un vide tout autour de l’être.
Leurs corps sont perdus dans la solitude.
Ils ont oublié les sensations, et l’amour sur leur surface.
Ils ne savent plus que chercher, incertains de ce qu’ils veulent trouver.
Soudain, un signal les alerte et l’obsession se fait douleur.
Ils deviennent à la fois chasseur et chassé.
A la fois pression et passion, les contacts se nouent en promesse d’avenir.
Vision de l’autre, les bras se tendent étreignant les possibles.
De plus près les éclairs croisent les regards.
Et les chercheurs se trouvent enfin.
C’est d’abord un effleurement, puis une étreinte, puis un chaos.
Pelures enlevées, les cœurs se touchent et battent ensembles.
Le frottement partagé des énergies les réchauffe.
Fleuves prisonniers, les sangs coulent cotes à cotes.
Les chercheurs se jettent à corps perdu dans leur mélange.
Imprégnés l’un de l’autre ils ne peuvent ni ne veulent s’écarter.
C’est alors que l’instant arrive.
Cet instant de lumière, que les yeux voient paupières fermées.
Ce moment inconcevable et qui pourtant conçoit.
L’instant devrait durer toujours.
Mais,
Aussitôt après, il ne reste que son souvenir, à la fois heureux et mélancolique.
Souvenir de corps qui s’éloignent pores après pores, dans le déchirement.
Peu après, et déjà longtemps, le froid commence sa reconquête.
Vêtements froissés endossés, il est impossible à éloigner.
Les mains se tendent encore, mais pour un au revoir.
Retour des sensations amères, et des sentiments de manque.
La perte du corps de l’autre, c’est un peu de son cœur qui disparaît.
Les interstices de vides remplissent toutes les pensées.
L’attente redevient présente et empêche de trouver la paix.
Et l’obsession retrouvée, le chercheur se remet en quête.
Va-t’il trouver cette fois, ou devra-t’il mourir avec juste le souvenir ?
A coup sur, il faut qu’il s’y accroche.

- Patrick Eymard