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Introspection - Patrick Eymard

Regard

Regarde-toi.
Arrête-toi.
Prends le temps.
Ne lis pas trop vite.
Regarde tes pieds, tes chaussures.
Tu vois tes chevilles, tes jambes.
Regarde tes mains.
Tes doigts, tes ongles.
Tes bras.
Tout cela est à toi.
Pour combien ?
Combien de temps ?
Dans quelques années tu n’auras plus rien.
Tout cela va disparaître.
70% d’eau.
Cette eau est-elle toi ?
Ou es-tu cette corne au bout de tes doigts ?
Qu’est ce qui est toi ?
Les sensations.
Ce courant électrique.
Ce flux de douleur.
Ou de bonheur.
Courant de sang aussi.
Et tu maîtrises quoi en fait.
Ben rien !
Ton cœur, tes souffrances, tes os.
Tu es composé d’éléments.
Les ressens-tu ?
Ressens-tu tes besoins ?
Tu manges.
Tu inclus en toi des éléments d’ailleurs.
Du vivant et du mort.
Tout rentre.
Tout sort.
Et tu restes le même.
Dans ta tête.
SI tu regardes.
Te vois-tu comme élément fixe.
Dans ton flux permanent ?
Traversé par tout.
Rayons, liquides et solides.
Tu participes de l’ensemble.
Et cela n’a qu’un temps.
Alors, regarde !
Prends le recul.
Tu n’es pas ce que tu crois.
Encore moins ce que tu veux.
Pas du tout ce que tu montres.
Et tu penses.
Tu crois, même.
Que tu crées et que tu es créé.
Mais rien ne prouve.

Rien ne te répond.
A tes interrogations.
Tu te projettes.
Demain, après-demain.
Et dans 100 ans.
Tu imagines le reste.
Mais juste pas toi.
Que restera-t-il ?
Un ancien flux.
Parmi les restants.
Un courant.
Comment différencier.
Essayer de comprendre.
Pas de sens ?
Juste être, maintenant.
Alors profite.
De tout ce que tu peux.
Des sentiments.
Eclairs de joies.
Fugaces éclats.
Eternité ressentie.
Beauté.
Retiens-les.
Ne les laisse pas s’échapper.
Ils t’appartiennent.
Il n’y a que ça !
Ils sont toi.
Et si tu le peux.
Partage-les.
Multiplie.
Rien ne vaut plus.
Imagine.
Que tu puisses.
Multiplier les moments.
Envoyer les ondes.
Elles existent aussi.
Elles sont toi.
Douces et piquantes.
Chaudes et froides.
Multicolores.
Et les rêves.
Sans contrôle.
Encore une fois.
Et si les autres.
Savaient ?
Et si on savait tous ?
Que nous ne sommes.
Parti et parties de rien.
Peut-être serions-nous !
Enfin pourrions-nous.
Exister sans souffrir.
Et enfin nous voir.

- Patrick Eymard